Un test sanguin capable de dépister la maladie d'Alzheimer

Un test sanguin permettrait d’identifier avec plus de 90% de précision la maladie d’Alzheimer jusqu’à trois ans avant la survenue des symptômes. Grâce à cette découverte, un dépistage à large échelle et une évaluation plus précoce de nouveaux traitements contre cette maladie encore incurable deviennent envisageables.

Un test sanguin permettrait d'identifier avec plus de 90 % de précision la maladie d'Alzheimer jusqu’à trois ans avant la survenue des symptômes

Un test d’une précision de 90 % basé sur une simple analyse de sangL’étude a inclus 525 participants en bonne santé âgés de 70 ans et plus qui ont donné des échantillons de sang lors de leur inclusion et à différentes périodes de l’étude. Durant les cinq ans de suivi, 74 participants ont développé la maladie d’Alzheimer ou un déficit cognitif léger de type amnésique (aMCI), avec une perte de mémoire importante. Parmi ceux-ci, 46 ont été diagnostiqués lors de l’inscription et 28 ont développés ces troubles pendant l’étude. Durant la troisième année de l’étude, les chercheurs ont sélectionné 53 personnes atteintes (dont 18 ont développé la maladie pendant l’étude) et 53 personnes en bonne santé mentale afin d’identifier des biomarqueurs lipidiques.Une dizaine de lipides a été découverte. Selon les chercheurs, ces composés sont la conséquence de la rupture des membranes de cellules neuronales chez les patients atteints. Le choix de ces biomarqueurs a pu être validé en s’appuyant sur les 21 autres participants malades (dont 10 pendant l’étude) et 20 sujets non atteints. Des résultats en aveugle ont confirmé que les participants étaient bien diagnostiqués en se basant uniquement sur les 10 lipides identifiés. Résultat : “Le bilan lipidique était capable de distinguer avec une précision de 90 % ces deux groupes : les participants qui progresseraient vers la maladie dans les deux à trois ans, et ceux qui resteraient en bonne santé dans un avenir proche“, déclare le Pr. Howard J. Federoff, professeur de neurologie.Les chercheurs ont examiné si la présence du gène APOE4, un facteur de risque connu de la maladie d’Alzheimer, pouvait contribuer à améliorer leur test, mais ce dernier ne s’est pas révélé être un facteur prédictif significatif dans cette étude.Une opportunité pour développer de nouveau traitements ?Cette étude est la première basée sur l’utilisation de biomarqueurs sanguins permettant de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer avant l’apparition de symptômes. Mais quel peut être l’intérêt d’un diagnostic aussi précoce alors qu’il n’existe aucun traitement efficace contre la maladie d’Alzheimer ? Pour le Pr. Howard J. Federoff, l’intérêt est double. D’une part, “Notre nouveau test sanguin offre la possibilité d’identifier les personnes à risque de déclin cognitif et peut changer la façon dont les patients, leurs familles et leurs médecins traitants gèrent la maladie“ déclare le principal auteur. D’autre part, Federoff estime qu’une des raisons des échecs des médicaments contre la maladie d’Alzheimer peut venir d’une évaluation trop tardive dans le processus de la maladie. “L’état préclinique offre l’opportunité d’intervenir au bon moment pour modifier le cours de la maladie“ dit Federoff. “Des biomarqueurs comme les nôtres, capables de définir cette période asymptomatique, sont essentiels pour le développement et l’évaluation de ces thérapeutiques“.“Nous considérons nos résultats comme une étape importante vers la commercialisation d’un test basé sur des biomarqueurs de la maladie préclinique, un test qui pourrait être utile pour un dépistage à grande échelle permettant d’identifier les individus à risque“, dit Federoff. “Nous réfléchissons à un essai clinique nous permettant d’utiliser ce test pour identifier les personnes à haut risque de la maladie d’Alzheimer pour tester un agent thérapeutique qui pourrait retarder ou prévenir l’apparition de la maladie“.Dans le monde, environ 35,6 millions de personnes sont atteints de la maladie d’Alzheimer et, selon l’Organisation mondiale de la Santé, leur nombre va doubler tous les 20 ans pour atteindre 115,4 millions de patients d’ici 2050.David BêmeSource : Plasma phospholipids identify antecedent memory impairment in older adults – Nature Medicine – 9 mars 2014 (

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