Tout savoir sur les masques contre la grippe A

Contre la grippe A, plusieurs mesures d’hygiène doivent être mises en place : lavage des mains, régulièrement et après avoir toussé ou éternué dans un mouchoir ou dans sa manche, et le port de masques. Concernant ces derniers, de nombreuses questions se posent.

Dois-je obligatoirement porter un masque si l’un de mes proches est malade ? Combien coûte un masque ? Où suis-je censé me procurer un masque le cas échéant ? Mode d’emploi de l’utilisation des masques contre la grippe A.
Des masques pour les malades et les professionnels
Compte tenu de la situation actuelle, seuls les malades suspectés et avérés doivent obligatoirement porter un masque anti-projections, dit chirurgical, dans le but de protéger leur environnement d’une contamination par le virus. L’entourage du malade n’a pas à porter de masque, à titre préventif, pour s’en protéger. Seules quelques professions, en contact direct et prolongé avec le public (professions médicales, personnels de secours, pharmaciens…), et donc plus susceptibles d’être exposées et contaminées par le virus, sont concernées par le port de masque de protection (dits FFP2).
“Les mesures adoptées contre la grippe A ne sont pas spécialement axées sur une prévention en amont mais sur une prise en charge optimale des cas, nous rappelle Claude Avaro, directeur général adjoint et pharmacien responsable de l’Etablissement de préparation et d’urgence sanitaire (EPRUS)*. C’est pourquoi les masques FFP2 qui protègent du virus, sont uniquement destinés aux professionnels et pas au grand public.“
2 types de masques sont utilisables
• Le masque chirurgical : également appelé masque anti-projections, il est destiné aux personnes malades pour qu’elles évitent de contaminer leur entourage, notamment lorsqu’elles toussent ou éternuent. Il faut porter un masque dès l’apparition des premiers symptômes et ce, pendant au moins 7 jours (période de contagion).
• Le masque de protection respiratoire dit FFP2 : destiné aux professionnels de santé essentiellement, c’est un appareil de protection respiratoire jetable qui protège celui qui le porte contre l’inhalation d’agents infectieux transmissibles par voie aérienne.
Le stock de masques chirurgicaux de l’EPRUS s’élève actuellement à 1 milliards d’unités et 700 millions de masques FFP2. “Les stocks de l’EPRUS sont uniquement destinés au Ministère de la Santé qui se charge ensuite de les distribuer (aux établissements hospitaliers, médecins libéraux, officines, etc.) via des plateformes départementales. Les autres ministères ou les entreprises privées qui souhaitent commander des masques passent directement par le fournisseur et non pas par notre intermédiaire“, nous confirme Claude Avaro.
Délivrés gratuitement sur ordonnance
L’élargissement du dispositif de prise en charge des patients à la médecine ambulatoire, instauré depuis le 23 juillet 2009, place les médecins généralistes et les pharmaciens au cœur du dispositif.
Ainsi, seuls les masques chirurgicaux, ceux que doivent porter les malades pour éviter de contaminer leur entourage, sont destinés au public. D’ailleurs, concrètement, comment cela se passe-t-il lorsqu’on pense être malade ?
– Vous avez des symptômes suspects ? Vous devez prendre contact avec votre médecin généraliste qui déterminera la prise en charge la plus adaptée (les enfants de moins d’un an sont par exemple traités directement en milieu hospitalier). Le 15 est réservé aux cas urgents.
– Une fois à son cabinet, vous portez un masque chirurgical qui vous aura été donné pour éviter de contaminer les personnes se trouvant dans la salle d’attente.
– Le médecin vérifie ensuite que c’est bien de la grippe dont vous souffrez. “Si c’est le cas, il vous prescrit une boîte de 50 masques chirurgicaux, du paracétamol et éventuellement du Tamiflu. Mais la prescription de Tamiflu est loin d’être systématique“, explique Claude Avaro.
– Et donc, muni de votre ordonnance, vous vous rendez à la pharmacie qui vous délivre gratuitement les masques.
A noter que les autorités sanitaires ont également commandé 150 millions de masques pédiatriques
anti-projections, pour les enfants de 1 à 12 ans, destinés à être portés par les enfants malades pour protéger leur entourage. Ces masques devraient être disponibles très rapidement notamment pour les enfants de plus de 5 ans (3).
Une durée de vie de 4 heures
Si plusieurs personnes vivent avec la personne infectée, il faut impérativement respecter plusieurs mesures d’hygiène pour éviter qu’elles ne soient contaminées à leur tour.
Pour ce qui concerne le malade, il doit avant tout rester à bonne distance (plus d’un mètre) des autres personnes et porter constamment un masque. “Attention, dès que le masque devient humide, il n’est plus efficace. Il faut donc en changer à ce moment-là. Généralement, on observe qu’un malade consomme environ 4 masques par jour“, indique Claude Avaro. Le ratio est le même pour les masques FFP2 portés par les professionnels de santé.“
Les masques ont une date de péremption, il faut donc bien y faire attention. Mais les masques fournis par les officines ne sont normalement pas concernés puisque les vérifications d’usage ont été faites en amont. Enfin, concernant la qualité de masques, tous répondent aux mêmes normes, pas d’inquiétude à avoir à ce niveau.
Dans les écoles, les lieux publics…
Est-ce possible de trouver des masques en dehors des structures médicales, comme par exemple dans les lieux publics, à l’école ou au sein de l’entreprise ? “Tout dépend des ministères concernés dans le secteur public et des entreprises dans le secteur privé“, répond Claude Avaro. “Plusieurs masques ont été achetés par les administrations pour leurs personnels. C’est la même chose dans le secteur privé.“
Yamina Saïdj
* L’EPRUS est un établissement public administratif placé sous la tutelle du ministère de la Santé et des Sports. Il a été créé en 2007 pour permettre à l’Etat de répondre aux menaces sanitaires de grande ampleur avec efficience et efficacité.
Sources :
Entretien téléphonique avec Claude Avaro, 20 août 2009Elargissement du dispositif de prise en charge des patients en secteur ambulatoire, 22 juillet 2009.
Questions-réponses du site du ministère de la santé, 13 août 2009
Un site pour en savoir plus :
Le site de l’EPRUS : http://www.eprus.fr

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