Premier plan national pour améliorer l'accès à l'IVG

A l’occasion des 40 ans de la promulgation de la loi Veil, Marisol Touraine et Pascale Boistard, Ministre et Secrétaire d’Etat en charge des Droits des femmes, ont présenté le premier Programme national d’actions pour améliorer l’accès à l’IVG en France. Numéro national d’appel sur la sexualité, la contraception et l’IVG, campagne nationale, meilleure prise en charge financière, ouvrir cette pratique à d’autres structures… les nombreuses mesures annoncées ont été saluées par les associations.

Quarante ans après la promulgation de la loi Veil, le gouvernement présente le premier programme national d'action pour améliorer l'accès à l'IVG.

En janvier 2014, la notion de “détresse“ pour une femme souhaitant recourir à l’IVG a été supprimée de la loi et un nouveau délit relatif à l’IVG, celui d’“entrave à l’information sur l’IVG“, passible des mêmes peines que le “délit d’entrave à l’IVG“ (à savoir 2 ans de prison et 30 000 € d’amende) était créé. Un an plus tard, à la veille de l’anniversaire des

40 ans de la promulgation de la loi Veil, le gouvernement présente le premier programme national d’action pour améliorer l’accès à l’IVG. Découvrez les principales mesures.Mieux informer les femmes de leurs droits “S’inspirant des retours du terrain et de la réalité du parcours des femmes aujourd’hui, il vise à améliorer l’information, faciliter le parcours des femmes et renforcer l’accessibilité de l’IVG partout sur le territoire“ commentent les ministres dans un éditorial présentant les mesures de ce nouveau plan. L’amélioration de l’information y tient une place prépondérante.Un numéro d’appel unique dès septembreDès septembre 2015, un numéro national d’appel anonyme, non surtaxé et ouvert tous les jours permettra de répondre à toutes les femmes à la recherche d’une information, d’une orientation, d’un conseil et d’un accompagnement en matière de sexualité, de contraception, d’accès à l’IVG. Cette nouveauté permettra de donner une meilleure lisibilité à l’offre actuellement gérée au niveau régional mais qui reste mal identifiée par les femmes et de proposer des informations de qualité sur tout le territoire grâce à l’expertise du Mouvement français du planning familial. Enfin, elle permettra de diffuser des informations neutres et objectives sur l’avortement, face à des lignes d’écoute tenues par des groupes anti-IVG qui proposent des informations fallacieuses et culpabilisantes.Une campagne nationale sur la sexualité, la contraception et le droit à l’IVGLe même mois, une campagne nationale d’information fera connaitre le numéro national d’appel et les outils web à disposition, dont le site

www.ivg.gouv.fr. Cette campagne portera sur la sexualité, la contraception et le droit d’interrompre une grossesse non désirée.Un portail public d’information sur la sexualité, la contraception et l’IVG devrait également voir le jour cette année.Améliorer le parcours des femmes recourant à l’IVGAméliorer l’accès à l’IVG passe également par la mise ne place d’une réelle gratuité de cette procédure, un meilleur accompagnement et une meilleure formation des professionnels de santé.Assurer la gratuité réelle de l’IVGLe forfait de prise en charge de l’IVG en ville et celui de l’IVG en établissement de santé seront harmonisés. Tous les actes demandés aux femmes seront désormais intégralement remboursés, y compris les examens de biologie médicale pour l’IVG en ville, l’échographie de datation pré-IVG, la consultation de recueil du consentement, les examens de biologie de suivi et l’échographie de contrôle. Cette mesure permettra d’assurer la gratuité complète de l’IVG et des actes afférents, quel que soit le lieu de réalisation de l’IVG (ville ou hôpital). Elle devra faire l’objet d’un décret en Conseil d’Etat et sera mise en oeuvre à l’automne 2015.Mise en place d’une procédure spécifique aux IVG entre 10 et 12 semainesUneprocédure pour la prise en charge des IVG entre 10 et 12 semaines de grossesse sera formalisée par les réseaux de santé en périnatalité. Ces avortements proches du terme du délai légal doivent être réalisés en urgence, en établissement par méthode instrumentale avec des professionnels parfois plus réticents… Ces femmes ont ainsi plus de difficultés à accéder à un rendez-vous alors que l’urgence est réelle. Au-delà d’une instruction aux réseaux de santé en périnatalité leur rappelant leur rôle pour la coordination des acteurs de l’IVG dès ce mois-ci, un cahier des charges national sera publié en juillet 2015.Guide pour les IVG médicamenteuseRéalisé en partenariat avec les associations spécialisées, les professionnels et les réseaux de santé, Un guide d’information sur l’IVG médicamenteuse sera mis à disposition de femmes qui choisissent cette méthode. Il permettra d’améliorer l’information de ces femmes qui souffre aujourd’hui d’un défaut d’accompagnement.Mieux former les professionnels de santéLes sociétés savantes concernées seront saisies afin d’élaborer des guides de bonnes pratiques, qui seront diffusés aux professionnels de santé recevant les femmes souhaitant interrompre une grossesse. Le but est d’améliorer les pratiques professionnelles, qui ne doivent ni influencer le choix des femmes, ni les culpabiliser. Et l’on sait que dans ce domaine, les expériences ne sont pas toujours bonnes, comme en témoignaient récemment les

nombreux témoignages relayés sur Twitter avec le  

#PayeTonUtérus…Garantir un accès à l’IVG au niveau nationalTrès hétérogène d’une région à l’autre, l’accès à l’IVG bénéficiera de l’implication des ARS qui devra mettre en place des plans d’accès dédiés, de l’autorisation de réaliser ces IVG dans des centres de santé et de la possibilité pour les sages-femmes de réaliser des IVG médicamenteuses.Un plan pour l’accès à l’avortement défini au niveau de chaque régionLa ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes donnera l’instruction à chaque Agence régionale de santé (ARS) de formaliser un plan régional pour l’accès à l’avortement. Face à la réduction du nombre d’établissements pratiquant l’IVG (une baisse constatée par les enquêtes réalisées auprès des ARS en 2012 et 2013), ARS ont déjà reçu l’instruction de maintenir l’IVG dans l’offre de soins de gynécologie obstétrique. Chaque ARS devra désormais traduire cet engagement volontariste par une série d’actions concrètes. Des orientations nationales élaborées avec l’appui de l’ARS Ile-de-France seront diffusées avant l’été 2015.Les centres de santé pourront réaliser des IVGLes médecins exerçant en centres de santé pourront réaliser des IVG instrumentales dans les conditions techniques et de sécurité nécessaires, qui seront définies cette année par la Haute Autorité de Santé (HAS). Selon le gouvernement, cela permettra de renforcer l’offre de proximité et de proposer un réel choix de la méthode aux femmes qui souhaitent interrompre une grossesse (IVG médicamenteuse ou instrumentale). La même mesure en Belgique aurait permis “la dédramatisation de cette méthode d’IVG et l’organisation de la formation des jeunes médecins par des médecins de la génération militante des années 1970“.Les sages-femmes pourront réaliser des IVG médicamenteusesLe projet de loi relatif à la santé va permettre aux sages-femmes de réaliser des IVG médicamenteuses. Une mesure qui permettra aux femmes d’accéder plus facilement à l’IVG. Enfin, le recrutement de praticiens contractuels réalisant des IVG sera facilité. Une commission sur les données et la connaissance de l’IVG sera mise en place dès le premier trimestre 2015.Des mesures saluées par les associationsCes mesures ont été saluées par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui estime que la mise en œuvre de ce Programme ambitieux constitue un réel progrès pour les femmes et se félicite que ses recommandations aient été largement suivies. Le HCEfh souligne cependant que deux difficultés ne trouvent pas écho dans ce programme : d’une part, l’anonymat des femmes n’est pas toujours garanti ; d’autre part, aucune mesure spécifique pour les femmes migrantes et les mineures qui rencontrent des obstacles particuliers dans leur parcours vers l’IVG.Selon une récente

étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined), les femmes ont moins recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), mais celles qui avortent plusieurs fois sont plus nombreuses.David BêmeSource : Améliorer l’accès à l’IVG – Dossier de presse – Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes – janvier 2015Click Here: cheap Cowboys jersey

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