Kathryn Bigelow : une taupe au Pentagone ?

Le Pentagone est accusé d’avoir fourni à Kathryn Bigelow des informations classifiées pour son film retraçant la traque et la mort d’Oussama Ben Laden.

Ca sent la poudre à Washington ! La bombe a été lancée mercredi par le républicain Peter King, président de la commission de la Sécurité intérieure à la Chambre américaine des représentants, qui a demandé l’ouverture d’une enquête concernant les relations entre le Pentagone et Kathryn Bigelow.

L’institution américaine est ainsi accusée d’être de mèche avec la réalisatrice (oscarisée en 2010 pour son film Démineurs), lui fournissant des informations classées « secret défense » susceptibles de l’intéresser pour son prochain film (Kill Bin Laden, premier titre plutôt explicite mais apparemment pas définitif), qui retracera la mission ayant conduit à la mort d’Oussama Ben Laden.

La sortie du film en question, dont le tournage n’a même pas encore commencé, est programmée pour octobre 2012, soit trois petites semaines avant la tenue des prochaines élections présidentielles. Cette “coïncidence” ne fait que mettre de l’huile sur le feu du républicain, qui y voit une stratégie des démocrates visant à raviver l’aura du président sortant. La réalisatrice et son scénariste Mark Boal se sont défendus en expliquant que leur projet « est en développement depuis de nombreuses années et prend en compte les efforts collectifs de trois administrations, Clinton, Bush et Obama […] », ajoutant que l’ensemble de l’opération « fut un triomphe américain, à la fois héroïque et non partisan, et [qu’]il n’existe aucun élément qui permette de suggérer que [leur] film représentera cette formidable victoire autrement. »

Afin de désamorcer la polémique, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, s’est d’ores et déjà exprimé sur le sujet : « Nous ne parlons pas d’informations classifiées et j’aurais espéré, alors que nous continuons de faire face à la menace terroriste, que la commission de la Sécurité intérieure à la Chambre avait des sujets plus importants à gérer que de discuter d’un film ». De son côté, le porte-parole du Pentagone, le colonel David Lapan, a reconnu fournir à la réalisatrice une certaine « assistance » dans la rédaction de son scénario, tout en rappelant qu’il s’agissait là d’une « pratique courante ».

Il semble donc peu probable que l’enquête, confiée à la CIA, aille beaucoup plus loin et tout porte à croire que l’explosion annoncée finira en simple pétard (politique) mouillé.

C. Véron avec l’AFP

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