Grippe A : la vaccination chez le médecin en questions

Après plusieurs mois d’attente, les médecins généralistes sont enfin impliqués dans la vaccination contre la grippe A. Selon la Ministre de la santé, la décroissance de la pandémie et la livraison de 2 millions de vaccins monodoses expliquent ce changement de cap. Découvrez les modalités de ce nouveau dispositif.

Comment se déroule l’injection ?
La vaccination peut se dérouler au cours d’une consultation classique ou lors de séance de vaccination dédiées organisées par les médecins généralistes. Sur le site du ministère, on peut lire : “Chaque médecin aura l’initiative de proposer à ses patients la vaccination contre la grippe A (H1N1) selon les modalités qu’il jugera les plus adaptées à sa pratique“.
Tous les médecins participent-ils à cette vaccination ?
Après avoir demandé à participer à la campagne de vaccination face à cette pandémie, les médecins généralistes tiquent sur les modalités choisies par les autorités sanitaires. Si les deux principaux syndicats de médecins (MG France) et la Confédération des syndicats de médecins français (CSMF) sont favorables à la vaccination tout en critiquant sa mise en oeuvre, le syndicat des médecins libéraux (SML) refuse de la pratiquer, dans un communiqué à la conclusion laconique : “Désolé ! Le SML ne peut soutenir ce plan de plus en plus ubuesque“. Concrètement, la valeur du remboursement des séances de vaccination et la nécessité d’aller s’approvisionner auprès des centres de vaccination devraient décourager plus d’un praticien…
Combien cela coûte ?
Si la vaccination se déroule au détour d’une consultation dans son cabinet ou lors d’une visite, le remboursement se fera sur la base d’une consultation classique (soit 22 €).
Autre cas, le médecin peut se contenter de prescrire le vaccin à se faire injecter par une infirmière. Dans ce dernier cas, les frais à honorer auprès de l’infirmière sont à ajouter.
Le médecin peut également organiser des séances dédiées aux injections, avec l’aide possible d’infirmières. Mais dans tous les cas, la prescription nécessitera une consultation préalable. Dans ce dernier cas, la vaccination sera facturée 6,60 €, pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. Une rémunération que dénoncent certains syndicats de médecins généralistes. “Si la question de la rémunération n’est pas centrale, celle qui est proposée (6,66 € par vaccination effectuée) est une obole. Elle signe un mépris de plus envers les généralistes, lesquels vont mettre à disposition l’infrastructure de leur cabinet, leur secrétariat et leur compétence, et procéder, si nécessaire, à un examen médical du patient, pour une rémunération aussi indigente“, déclare ainsi la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF).
Dois-je venir avec mon vaccin ?
Aucun vaccin n’est en vente libre. Vous ne pourrez donc pas venir avec votre vaccin. Ce sera au médecin de se fournir auprès des centres de vaccination qui restent pour l’instant ouverts en parallèle.
Les modalités d’approvisionnement des vaccins sont largement critiquées par les syndicats de médecins libéraux et des pharmaciens d’officine, qui jugent que cette vaccination doit se faire sur le modèle des autres vaccinations en cabinet, notamment contre la grippe saisonnière. Le premier syndicat des médecins généralistes, MG France (premier syndicat des médecins généralistes) et l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine (USPO) “rappellent aux pouvoirs publics leur exigence de confier l’approvisionnement des vaccins au réseau ambulatoire de proximité. Les vaccins contre la grippe prescrits par le médecin généraliste traitant seront ainsi disponibles dans la pharmacie de proximité lorsque cette vaccination paraît encore nécessaire. La vaccination contre la grippe A / H1N1 est un acte médical qui doit désormais être réalisé dans les conditions de travail habituelles des médecins généralistes et des pharmaciens d’officine. C’est une des conditions fondamentales pour que cette campagne ne connaisse pas un nouvel échec“.
Dois-je apporter mon bon de vaccination ?
Théoriquement, les patients doivent venir avec leur bon, mais la Ministre invite tout le monde à se faire vacciner : “La vaccination peut se faire avec ou sans bon. Celui-ci peut être édité sur place, dans un centre de vaccination, dans un cabinet médical informatisé – lorsque la vaccination contre la grippe A (H1N1) sera mise en place en cabinet -, ou dans un centre de sécurité sociale“. La traçabilité des vaccins va donc demander aux médecins de confectionner ces bons. Une charge que certains critiquent.
Quel est le système de fourniture des vaccins ?
C’est là le principal point de friction entre médecins libéraux et autorités sanitaires. Alors que les médecins proposent cet approvisionnement soit géré par les officines de proximité, l’Etat demande aux médecins d’aller chercher les médicaments dans les centres de vaccination. “MG France et l’USPO constatent que le mode d’approvisionnement en vaccins choisi par l’Etat rend plus qu’aléatoire l’application de cette mesure“ déclare les deux associations dans un communiqué commun. Pour Michel Chassang, président du CSMF, les praticiens n’ont pas matériellement le temps d’aller chercher les vaccins.
Les centres de vaccination restent-ils ouverts ? Ce système va-t-il évoluer ?
Sur Europe 1, la ministre de la santé Roselyne Bachelot déclarait le 9 janvier 2010 : “Nous allons continuer pendant à peu près deux mois avec des centres d’un côté et des médecins généralistes de l’autre, parce qu’il ne faut pas non plus les surcharger“. En fonction de l’implication des médecins généralistes, cette période pourrait être allongée, tout comme les modalités de fourniture des vaccins.
Est-il encore utile de se faire vacciner ?
Les autorités sanitaires estiment que malgré le recul de l’épidémie, la vigilance est de rigueur. Ainsi, la Ministre de la santé a déclaré le 7 janvier en préambule de l’élargissement de la vaccination aux cabinets médicaux : “Je vous rappelle que la grippe A (H1N1) continue de faire des victimes, même parmi les patients sans facteurs de risque, et une deuxième vague pandémique est possible. L’effort de vaccination doit donc être maintenu, et j’ai besoin de vous pour conquérir les indécis“.
L’existence d’un deuxième pic épidémique relève plus de la spéculation que la certitude médicale, mais il est certain que le virus est encore en circulation dans la population. Il est également possible qu’il revienne à l’identique à l’automne prochain. Inciter l’ensemble de la population à se faire vacciner, alors qu’une forte proportion des populations à risque (clairement identifiée depuis plusieurs mois) n’a toujours pas bénéficié de cette protection apparaît cependant une stratégie discutable
Luc Blanchot, le 12 janvier 2010
Sources :
“Vaccination H1N1 chez les généralistes: un approvisionnement qui risque de peser sur le succès“ – Communiqué de MG France et l’USP – 11 janvier 2009
Réunion avec les représentants des médecins libéraux et Michel LEGMANN, président du conseil national de l’ordre des médecins – Discours de Roselyne Bachelot-Narquin du 7 janvier “Vaccination libérale“ – Communiqué du Syndicat des médecins libéraux – 7 janvier 2010“La CSMF demande une organisation simple, pragmatique et respectueuse des médecins généralistes“ – communiqué du CSMF – 7 janvier 2010Click Here: los jaguares argentina

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