Décès d'un nourrison, le système de santé remis en question?

Le Ministère de la Santé a signalé le 2 janvier le décès d’un nourrisson à l’hôpital Necker à Paris, probablement suite à une erreur de débit d’une perfusion intervenue à l’hôpital de pédiatrie et de rééducation de Bullion, dans les Yvelines. Ce nouveau drame relance la polémique, notamment après la mort d’un enfant à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris il y a 2 semaines suite à l’administration par erreur d’une perfusion de chlorure de magnésium.

Louis-Joseph, âgé de 6 mois, était hospitalisé depuis de nombreuses semaines en attente d’une greffe intestinale. Il est décédé le 2 janvier après une erreur de réglage du débit de sa perfusion nutritive, erreur de virgule effectuée par l’auxiliaire puéricultrice et non vue par l’infirmière, très grippée et affaiblie ce jour là. Les parents ont porté plainte pour non-assistance à personne en danger. Le directeur de l’hôpital a confirmé l’origine humaine de l’erreur mais sans l’imputer à un manque de personnel, ses effectifs étant actuellement suffisants. Cependant, ce nouveau décès met à nouveau en lumière les défaillances possibles de notre système de santé. Après le décès du petit Yliès suite à une autre erreur humaine de perfusion, celui d’un homme de 57 ans n’ayant pu être admis dans un délai raisonnable en réanimation, ou encore les multiples incidents survenus récemment en hôpital psychiatrique, la question de l’organisation des soins hospitaliers en France se pose. D’autant plus que le Ministère de la Santé met actuellement la dernière main au projet de loi Hôpital, patients, santé et territoires, dont l’objectif affiché est de “garantir un meilleur accès aux soins pour tous les Français sur tout le territoire“.Bien que le contexte économique soit difficile, les associations et syndicats insistent pour que ce débat ne se cantonne pas à la réorganisation du secteur public, mais se penche également sur la question des moyens financiers de l’hôpital. En effet, si le décès de Louis-Joseph semble ne pouvoir être imputé qu’à une dramatique erreur humaine, les difficultés à trouver un lit de disponible par les urgences et SAMU ou encore le sous-effectif et le manque de lits en psychiatrie posent également la question des moyens. Afin de faire le point sur toutes ces questions, Roselyne Bachelot souhaite organiser une “réunion de retour d’expérience sur la permanence des soins“ avec les représentants de l’hôpital et du Samu courant janvier. Le Ministère de la Santé arrivera-t-il à répondre à toutes les préoccupations des Français et des professionnels de santé afin de renforcer la confiance dans notre système de soins ?

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