Cannes 2014 : “Turner était un peintre radical, révolutionnaire”

18 ans après sa Palme d’or pour “Secrets et mensonges”, le britannique Mike Leigh présente “Mr. Turner”, un film retraçant une partie de la vie du célèbre peintre. Morceaux choisis de la conférence de presse donnée ce matin à Cannes.

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Turner est un peintre radical, révolutionnaire

Mike Leigh, réalisateur : Turner est de toute évidence un grand artiste, un des plus grands peintres de tous les temps. C’est un peintre radical, révolutionnaire. J’ai estimé qu’il y avait quelque chose à faire, un film fascinant à faire sur Turner. Il y a une tension présente entre le Turner mortel et son inspiration, et sa vie, son travail épique, spirituel. La façon spirituelle qu’il avait de capturer le moment, le monde. L’image principale à laquelle j’ai pensé, c’est l’inspiration que l’on ressent en regardant ses tableaux. C’est quelque chose que nous partagions tous dans la préparation du film. 

J’ai commencé à apprendre à peindre 2 ans avant les répétitions

Timothy Spall, acteur (Turner) : Il y a 3 ans, je me trouvais à Soho dans les bureaux de Mike Leigh et il m’a parlé de cette idée. Il m’a dit : je pense à Turner, on s’est appelé plus tard et m’a dit « tiens on va se lancer, on va faire ce film ». Donc j’ai commencé à apprendre à peindre 2 ans avant les répétitions, ensuite on a répété pendant 6 mois. Ensuite, un copain m’a donné des leçons 2-3 fois par semaine.
J’ai également beaucoup lu. Tout ce que je savais, c’est que c’était quelqu’un d’un certain poids et assez drôle, comme moi d’ailleurs ! J’ai essayé de m’informer davantage sur son travail, son inspiration. 

Les génies sont des gens curieux qui vivent au milieu de conflits

Timothy Spall, acteur (Turner) : C’était un homme mystérieux. Il y a plusieurs biographies, j’en ai lu plusieurs. Et il est évident que pour moi, et c’est cela qui fait que ce film est merveilleux, c’est que le génie n’est pas toujours emballé de la façon la plus romantique. Les génies sont des gens curieux qui vivent au milieu de conflits, qui ont des conflits en eux-mêmes, qui sont souvent assez difficiles, qui ont du mal à vivre en société. Et cet homme-là était comme ça.

C’était un homme qui avait l’air d’être un travailleur, mais il avait ça en lui. Il a absorbé le travail des autres peintres également. D’un côté, il était un peu brutal, mais en même temps, il avait aussi beaucoup d’amour en lui et il ne savait pas forcément quoi en faire. Il avait ce génie en lui, cette vision géniale en lui, c’est cela que nous avons essayé d’approfondir. 

Nécessairement il faut qu’on se sente proche de ce personnage

Mike Leigh : On m’a demandé plusieurs fois si ce film est une sorte d’autobiographie, ce n’est pas le cas. D’autre part, il y a des éléments tout à fait clairs sur lesquels je ne peux pas négocier. Lorsqu’on fait un film sur quelqu’un, nécessairement il faut qu’on se sente proche de ce personnage, et qu’on le comprenne, quel que soit ce personnage. Et secundo, nous sommes des artistes donc nous comprenons de façon naturelle le territoire sur lequel nous faisons un film. Mais il n’y a pas là une sorte d’effort narcissique de notre part.

Raconter visuellement cette histoire sur la base des couleurs utilisées par Turner

Dick Pope, directeur de la photo : J’ai commencé par effectuer une recherche sur toute la palette de Turner. Toutes les couleurs qu’il utilisait font l’objet aujourd’hui de toute une documentation. J’ai donc commencé par les couleurs de Turner. C’était le seul travail vraiment rigoureux que j’avais à faire : raconter visuellement cette histoire sur la base des couleurs utilisées par Turner. 

La bande-annonce de “Mr. Turner” de Mike Leigh :

Mr. Turner Bande-annonce VO

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